Cuir, fourrure, plumes ...

Cuir, dans la peau d’un autre

17 février 2015
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Aujourd’hui, il est tout à fait passé dans les moeurs que la fourrure est le résultat d’une maltraitance animale. Beaucoup refusent dorénavant d’en porter, et ceux qui arborent encore des capuches en renards, chiens ou ragondins, ou des manteaux en lapins, connaissent bien la vérité.

Mais qu’en est-il du cuir ? Est-ce parce qu’il est si répandu qu’on envisage même pas de changer nos habitudes ?

En effet le cuir est partout : chaussures, sacs, portefeuilles, manteaux, vestes, canapés, sièges de voiture… Pourtant tout existe dans d’autres matières. Alors pourquoi choisir le cuir ?

Revenons ensemble sur les points qui le rendent nuisible :

1) La souffrance animale

En France, des millions de vaches et d’autres animaux qui sont tués pour leur peau subissent les horreurs de l’élevage intensif, y compris le surpeuplement et la privation, aussi bien que la castration, le marquage, et la caudectomie, le tout sans le moindre antalgique. Acheter du cuir, c’est contribuer directement à l’élevage et aux abattoirs industriels, car la peau est le sous-produit le plus rentable pour l’industrie de la viande.

La majorité du cuir provient de pays en développement comme l’Inde et la Chine, où les lois de protection animale sont soit inexistantes soit non appliquées. Une enquête de PETA États-Unis menée en Inde a fait découvrir que les employés brisent la queue des vaches et frottent du piment et du tabac dans leurs yeux, dans le but de les forcer à se lever et avancer après qu’elles se soient effondrées d’épuisement sur le chemin de l’abattoir. Dans les abattoirs, les animaux se font systématiquement trancher la gorge, et dépecer et démembrer alors qu’ils sont encore conscients. Malgré ses lois d’encadrement sur l’élevage et l’abattage des animaux, la France est loin de les appliquer, et le traitement européen n’en est pas moins violent.

L’industrie de la viande et du cuir fonctionnent souvent de pair et constituent à eux deux, un lobby de poids. Le cuir représente en moyenne 40% des profits tirés d’un animal, parfois bien plus lorsque ces animaux sont essentiellement élevés pour leur peau comme les crocodiles ou certains serpents par exemple.

2) Un désastre écologique

En plus de promouvoir la souffrance des animaux, la production de cuir est également néfaste pour l’environnement. Pour nettoyer les peaux animales de la chair et des odeurs, elles sont traitées avec de nombreux produits chimiques dangereux et très polluants, tels que le cyanure et le chrome. Ces produits nécessitent de grandes quantités d’énergie et d’eau à l’usage, et sont ensuite rejetés sous forme de boues toxiques dans les sols, les rivières et les réserves d’eau. Pour contourner les mesures environnementales européennes ou américaines, l’industrie du cuir n’hésite pas à se délocaliser dans des pays où la législation est au mieux plus laxiste, ou au pire inexistante.

En Tunisie ou au Bengladesh par exemple, il n’existe aucun traitement des déchets et les boues toxiques sont directement rejetées dans les cours d’eau qui servent à arroser les cultures. Sur 440 entreprises tunisiennes du nettoyage des peaux, seules 2 possèdent un système d’épuration. De plus, ces tanneries n’offrent peu ou aucune protection aux travailleurs (parfois des enfants) qui barbotent à longueur de journée dans les produits chimiques. La majorité souffre de graves problèmes de santé. Au Bengladesh, on estime que 90% des ouvriers ne dépasseront jamais les 50 ans. Dans ce pays, on exporte chaque année l’équivalent de 141 millions d’euros de peaux tannées, majoritairement vers l’Europe afin d’alimenter une industrie de la chaussure et de la maroquinerie bon marché.

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L’élevage industriel joue également un rôle majeur dans le réchauffement climatique, car les milliards de têtes de bétail rejettent du méthane, gaz à effet de serre, en quantités titanesques. Un rôle majeur aussi dans la déforestation massive, qui sert à créer de nouvelles zones de parcage des animaux, et d’immenses monocultures de soja et céréales pour les alimenter.

 

Vous pouvez choisir de ne plus porter de cuir. Les étiquettes vous indiqueront la composition des chaussures, sacs etc.

Vous trouverez ici des exemples de produits qui ne sont pas en cuir.

Sources : Peta et One Voice.

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